« Cher Corps » la série qui donne confiance en soi

Cher Corps c’est une série vidéo, douce et bienveillante, qui met au placard tous nos complexes. Face camera, dans leur chambre, des jeunes filles se livrent, et souvenant se dévêtissent devant Léa Bordier.

Réalisatrice et, de nombreuses années, responsable du pôle vidéo de madmoiZelle (on lui doit les Street Tattoos, Toque Chef et les vlogs de MadmoiZelle.com entre autres), la vidéaste est particulièrement douée pour nous proposer des images poétiques associées à des discours sans filtre.

Sur sa chaîne YouTube éponyme, depuis le dimanche 30 octobre 2016, on découvre cette nouvelle série testimoniale. Evidemment, j’ai eu envie d’en savoir plus sur ce projet qui prône l’acceptation de soi en rencontrant Léa (vous découvrirez très prochainement son portrait par ici), mais aussi recueillir le retour d’expérience d’une participante.

C’est parti pour une immersion dans (nos) « Cher Corps » !

 

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C’est une nuit d’insomnie, après avoir regardé une vidéo de Lysandre Nadeau qui se livrait sur son corps, filmé il y a cinq ans, que Léa a le déclic. Si ce n’est pas la technicité du film qui a séduit la vidéaste, le côté touchant et jolie de la vidéo l’a immédiatement interpellé.

Léa, qui a toujours aimé donner la parole, décide alors de donner vie à son envie. C’est son amie Amélie qui se livre la première. Les retours sont tout particulièrement enthousiastes.

 

 

Quand je demande à Léa de décrire son travail, sa réponse est immédiate : « C’est le genre de vidéo que j’aurais aimé voir à l’âge de 13-15 ans. ». Il faut dire que c’est un moment de construction, où les complexes prennent souvent le dessus sur le reste. Léa est particulièrement attentive à ses jeunes abonnées.

« Cher Corps » n’est pas une série qui s’arrête à montrer tous les types de corps, les courts-métrages racontent avant tout l’histoire de chaque corps.

Cette dimension est particulièrement importante. Souvent, nous n’avons pas une vision réaliste de notre corps. Il est alors difficile de se reconnaître dans le corps de l’autre, même lorsque ses mensurations sont identiques. Par contre, il est très facile de se projeter dans des histoires, du vécu. C’est pourquoi, dans sa série, Léa ne fait pas que montrer des corps, dénudés ou non selon l’envie des filles, mais les fait surtout parler, sans jamais intervenir. « Pour moi c’est leur moment, c’est elles qui parlent. Je joue également avec la musique. Je mets du jazz, car les chanteuses de jazz sont des divas. En mettant ces filles devant l’objectif ça les élève aussi au rang de diva. Elles sont toutes belles. Il faut les entendre. » confie Léa.

Les courts métrages sont particulièrement réussis car bien que les ingrédients : jeunes femmes, intimité, chambre, puisse nous faire penser à une production voyeuriste, proche de la télé-réalité, de mauvais goûts sur le papier, il n’en est rien. En réalité Léa souligne dans sa série qu’il n’y a pas de standard, et que la diversité est notre plus grande richesse.

 



Mais qui sont donc ces femmes inspirantes qui acceptent de passer devant la caméra pour nous prouver qu’il n’y a pas de norme à la beauté, n’en déplaisent aux diktats de la société ?

Il faut un courage énorme et une réelle envie d’aider les autres filles pour se dévoiler sur YouTube. Même Léa confie qu’elle ne pourrait jamais se mettre face caméra comme elles le font.

L’une de ces divas, Mallory, nous raconte son expérience.

Ton corps est-il le reflet de ta personnalité ?

Je ne pense pas que le corps soit le reflet de la personnalité. C’est vrai que j’ai toujours fait du sport, donc on peut me considérer comme active, mais avec la même quantité de sport les corps peuvent être très différents les uns des autres. Mes tatouages et mon style vestimentaire sont en partie le reflet de ma personnalité, mais pas mon corps non.

Pourquoi as-tu contacté Léa ?

J’ai adoré le positivisme et la douceur que dégage ses vidéos. Je suis des youtubeuses anglophones qui parlent de ce genre de sujets, mais des vidéos m’avaient rarement fait autant de bien. Aussi, même si les femmes qui témoignent ont des morphologies différentes, en regardant les premières vidéos j’ai commencé à ruminer sur le fait que comme souvent le projet parle « des femmes » en ne montrant que des femmes blanches, cisgenres et valides. Puis j’ai réalisé que seules ces femmes voulaient témoigner jusqu’ici. J’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai écrit à Léa histoire de participer au changement que j’aimerais voir se produire.

Quelles ont été tes principales angoisses ?

Je suis assez timide, alors j’avais peur d’être trop angoissée pour faire une jolie vidéo, aussi inspirante que les autres. Finalement, je n’avais pas spécialement de peurs liées à des complexes physiques, c’était plus par rapport à ma capacité à bien m’exprimer face à une caméra et à ne pas être ennuyeuse.

Comment te sentais-tu à 10 minutes du tournage ?

J’étais stressée. En plus je savais qu’il y aurait un sacré(ment bon) travail de montage, et même si je voyais plus ou moins de quoi je voulais parler j’avais un peu peur de ce qu’il en resterait.

Comment t’a-t- elle mise à l’aise ?

Léa est extrêmement sympa et souriante donc j’ai plus facilement pu me conditionner pour me détendre et faire comme si je parlais à une amie. On a commencé le tournage très rapidement ce qui m’a aussi évité de me poser 12000 questions.

Le rapport à ton corps à t-il changé après la vidéo ?

Ce n’est pas toujours évident d’être timide et introvertie, les personnes extraverties sont souvent vues comme plus drôles et intéressantes, voire plus intelligentes. Les retours suite à la vidéo m’ont beaucoup touchée, et cette expérience m’incite à plus croire en moi. Je suis aussi très heureuse d’avoir fait du bien à des jeunes filles qui se reconnaissaient « enfin ».

Qu’as-tu ressenti à la publication de la vidéo ?

Léa m’a envoyé la vidéo avant de la publier donc je savais qu’elle me plaisait. Je n’étais pas si angoissée. Cela m’a fait rire qu’autant de personnes parlent de mon sourire communicatif parce qu’au quotidien je souffre d’une sévère bitching resting face (la capacité d’avoir l’air énervée/ dépressive alors qu’on a juste le visage au repos (et qu’on n’est qu’amour)).

Qu’aurais-tu aimé que l’on te dise il y a 10 ans ?

J’aurais aimé qu’on prenne au sérieux mes complexes, donc ma souffrance. J’aurais surtout aimé qu’on me dise que j’avais les capacités de les surmonter et que ça allait passer. C’est une vraie perte de temps les complexes si on considère le fait qu’en regardant en arrière on regrette souvent « le bon vieux temps », autant en profiter au présent.

Quel est le regard que tu aimerais que l’on pose sur ton corps ?

Hum aucun, enfin j’aimerais qu’on arrête de juger les corps et qu’on ne les considère que comme ce qu’ils sont, soit le moyen physique d’exister et de faire plus ou moins les trucs qu’on aime.

 

 

Je vous invite à suivre de très près la chaîne de Léa, car nul doute qu’elle continuera de nous inspirer et nous décomplexer.

 

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