J’ai rencontré Karine Le Marchand, animatrice et productrice d’ «Une Ambition Intime»

Hier j’ai eu la chance de découvrir en exclusivité le nouveau programme du groupe M6 et de discuter avec Karine Le Marchand. Entre polémiques et partis pris éditoriaux, je décrypte pour vous cette émission qui va faire parler d’elle, lundi matin, à la pause-café.

A compté du dimanche 9 octobre 2016, vous pourrez découvrir les portraits des politiciens qui jouent le jeu des confidences en s’installant dans le canapé, ou le fauteuil, de Karine Le Marchand présentatrice et productrice.  Au programme de cette première émission, les portraits de quatre Hommes politiques : Bruno Lemaire, Nicolas Sarkozy, Arnaud Montebourg et Marine Le Pen.

Le deuxième épisode – dont la date de diffusion n’est pas encore connue – donnera la parole à  François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et Alain Juppé. Enfin, une troisième émission sera vraisemblablement diffusée au mois de décembre, lorsque seront connus les noms des politiciens qui iront aux primaires de la Gauche.

Entre humour, impertinence et véritables révélations, l’émotion est souvent au rendez-vous. Après tout, ce que l’on préfère chez les grands Hommes (homme comme femme) c’est leurs failles, n’est-ce pas ?

 

 


L’Ambition Intime de Karine Le Marchand


 

Il y a plusieurs mois, au début d’année 2016, Karine Le Marchand frappe à la porte des dirigeants du groupe M6 pour exprimer l’envie de traiter de la politique autrement.

L’idée est de créer une émission politique qui ne parle pas des idées politiques. Par ce biais Karine Le Marchand a pour objectif de permettre aux spectateurs de vérifier que le discours est cohérent avec le parcours.  Or, l’origine de l’ambition est primordiale. Pour comprendre où l’on va il faut savoir d’où l’on vient. Du coup en s’intéressant de plus près à l’histoire de ces hommes politiques nul doute que vous aurez une vision plus précise de ce qui leur sera possible de faire – ou non – une fois à la tête du pays.

Le synopsis séduit mais il y a un deal. La productrice doit trouver elle-même comment rentrer en contact avec chaque invité. Karine Le Marchand révèle n’avoir jamais eu peur de se dépasser et frapper aux portes, même fermées. Du coup elle prend le projet à bras le corps et relève le défis !

Au cœur des débats politiquesqui battente leur plein sur toutes les autres chaines, M6 sort son épingle du jeu en proposant un nouveau format. On y retrouve des témoignages extrêmement humains avec des questions personnelles sans jamais être impudiques. On s’attache, on sourit et après les trente minutes d’interview, on finit même par trouver tous les invités plutôt sympathiques. Une émission qui colle parfaitement à l’ADN du groupe M6 et s’adresse à un large public – féru ou non de politique.

 

 


Karine une (trop) bonne copine ?


 

Le défis d’un tel programme est de ne pas tomber dans le voyeurisme, devenir racoleur ou trop amical avec l’une des personnalités qui s’apprête, peut-être, à gouverner le pays.

« Sans partie-pris et sans a priori, tout le monde a été traité de la même manière, car ils aspirent tous à la même haute responsabilité politique.» explique Vincent Régnier, directeur des magazines d’information du groupe M6.

Une ligne éditoriale qui a déjà été pointée du doigt. En effet depuis quelques jours « l’affaire Marine Le Pen » enflamme la toile, plaçant Karine Le Marchand en TT sur Twitter pendant près de 48 heures. Ce qui a mis le feu aux poudres est un extrait diffusé, dans le teaser, où l’on découvre une discussion sur une terrasse entre Karine Le Marchand et Marine Le Pen qui semblent être dans la connivence.

Lorsque l’on pose des questions sur cette polémique à la présentatrice, elle ne détourne pas le regard et répond franchement, sans pour autant être sur la défensive. « Il était hors de question de ne pas l’inviter. On ne va pas jouer le jeu de la diabolisation du FN. La diabolisation a-t-elle porté ses fruits en vingt ans ?»

D’autant que la confidence par le rire c’est aussi ce qui permet à Karine Le Marchand d’obtenir des informations inattendues. Après avoir vu un débat politique on change rarement d’avis. Soit on est contre, et on passe son temps à s’énerver devant la télé, voire à tweeter, soit on etait déjà conquis. Or, après avoir regardé cette émission je vous mets au défi de ne pas vous interroger sur la personnalité que vous venez de (re)découvrir ! Car nous ne pouvons pas le nier, bien souvent, l’affect prime sur tout le reste.

 

 


Un homme politique peut-il (vraiment) lâcher prise ?


 

Karine Le Marchand arrivera-t-elle à faire transparaître à l’écran l’humanité des candidats ? Sûrement s’ils arrivent à se tenir à l’épineuse règle de ne pas parler de leur idéologie ni de leur programme politique. Autant dire que c’est aussi compliqué que de gagner une partie de « ni oui ni non » dans une cour de récrée !

Lorsque ces personnalités acceptent de venir faire une « interview confidences » la dynamique n’est pas la même que s’ils se rendaient sur un talkshow. Ils signent inconsciemment un pacte de sincérité, de non-représentation.

Pour s’assurer de leur sincérité, la présentatrice sait, dès la première rencontre, presque tout sur eux. Avec son équipe ils ont enquêté durant trois mois. Rien ne leur a échappé : contact de proches, repasse d’interview, lecture de biographies autorisées ou non. Pour ne rien laisser au hasard, l’équipe fait même attention de ne pas contacter de personnes ayant un rapport hiérarchique avec l’invité et s’attache tout particulièrement à leurs interventions radiophoniques. En effet, à la radio les Hommes politiques finissent par oublier les caméras et se laissent plus souvent aller à quelques confidences. Le travail de journalisme est si poussé qu’il est facile pour la présentatrice de détecter lorsque son invité souhaite avant tout faire passer ses idées.

Karine Le Marchand nous confie tout de même que le démarrage a souvent été difficile. Beaucoup n’ont pas résisté au discours politique, voire à la propagande, bien qu’elle n’hésite pas à leur rappeler que ces moments seront coupés au montage. « Pendant 1h30 tout partait à la poubelle car il plaçait leur discours politique. Parce qu’ils ne savent faire que ça face à quelqu’un qu’ils ne connaissent pas ». Pour ne pas faillir à sa promesse, l’animatrice, productrice n’a pas hésité à ne présenter que l’essentiel, le vrai. C’est pourquoi seront diffusées 30 minutes d’interview par candidat sur 4h de tournage.

Afin de les mettre à l’aise et leur permettre de se livrer la production s’est adaptée. « C’était important qu’ils oublient où ils étaient, que c’était de la télévision. On louait des lieux où il y avait de très grandes pièces, où on pouvait mettre des caméras très très loin qui zoomaient et, petit à petit, on pouvait vraiment être que tous les deux » explique Karine Le Marchand. Du coup au fil du temps « leur visage changeait […] pour certaines personnes, ils ont un visage qu’on ne connaît pas […] la mâchoire se relâchait, l’œil se faisait  plus vif ou plus profond selon ce qu’ils abordaient ».

Si Karine Le Marchand ne se met pas en position de sniper, elle n’hésite pas à taquiner légèrement les invités. Une technique payante, car la répartie, le bon esprit et le recul sur soi sont aussi des qualités qui font un bon homme d’état.

 

 


Comme à la maison !


 

D’un point de vu esthétique l’émission reprend tous les codes d’un magazine lifestyle. Des lieux dignes des plus belles revues de décoration d’intérieur, un joli éclairage, une bande sonore pétillante (presque omniprésente), des flous, les halos lumineux et des zooms sur les sourires et les petites rides aux coins des yeux. Une mise en scène très soignée qui reflète une direction artistique très féminine. Une touche girly que Karine Le Marchand ne renie pas. Amusée, elle explique que son équipe est principalement constituée de filles « ça doit venir de là ». Une façon habile de balayer, d’un revers de la main, une éventuelle polémique. Une attitude qui prouve qu’elle est aussi naturelle, drôle et sans filtre dans la vie que face à des politiciens.

Si a première vue la posture de la présentatrice, très à l’aise dans son canapé, peut être perçue comme une pointe de frivolité. Il n’en est rien. Comme elle l’explique si bien « Je suis persuadée que quand le corps s’avachit la tête se relâche. Du coup, du fait d’être assis en face à face, je pouvais capter leurs regards. C’est ce que je fais aussi avec les agriculteurs [dans l’Amour est dans le Pré]»

Les lieux et la décoration des appartements sont quant à eux choisis selon les goûts des invités. Le détail est poussé jusqu’aux tableaux personnels et aux photographies souvenirs qui habillent les murs. « Il fallait que je leur apporte des codes qui les rassurent » explique Karine Le Marchand.

 

 


Pourquoi ils ont dit « Oui » et nous aussi !


 

Rien d’étonnant à ce que le panel d’invités soit déjà prestigieux. Permettre aux politiciens de redorer leur image en montrant leur côté humain, n’est-ce pas la meilleure promotion qu’on puisse leur faire ?

A première vue on pourrait donc pu se dire que tous les invités ont répondu positivement à l’invitation, sans hésiter. Pourtant, Karine Le Marchand nous révèle qu’aucune personnalité n’est arrivée vraiment à l’aise pour cette rencontre. Il faut dire que s’ils sont rodés aux questions des journalistes politiques, Karine Le Marchand, connue – ou non – pour sa présentation de l’Amour est dans le pré, fait figure d’ovni.  Ne faisant pas partie de ce cercle, elle n’avait jamais, jusqu’alors, sollicité de personnalités politiques. Une singularité qui a sûrement attisé la curiosité des communicants de ces Hommes d’état. D’ailleurs la productrice a envoyé un synopsis au service de communication des invités mais aucune question pour une éventuelle relecture. En somme, c’etait un vrai saut dans le vide pour ces responsables politiques.

Au final, le statut de Karine Le Marchand est une plus-value. La force de l’émission réside tant dans les histoires des invités que dans de ses interventions, franches, libres, sans codes préétablis. En réalité toutes ses interventions sont des réflexions que nous aurions pu faire en tant que spectateurs. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’émission « Une Ambition Intime » saura séduire tous les publics, y compris les plus réfractaires aux émissions politiques classiques.

 

5 SALONS QUI DECOIFFENT

 

Sous son angle lifestyle ce programme, léché et très esthétique, sera peut-être l’émission la plus politique de l’année.  Pour résumer, cette émission est un bon mix des confessions du Divan de Marc Olivier Fogiel, de l’amicalité d’une Parenthèse Inattendue de Fréderic Lopez et du canapé rouge de Michel Drucker – le tout saupoudré du naturel et de l’acidité de Karine Le Marchand.

 

De belles références qui vous pousseront sans aucun doute à appuyer sur la touche 6 de votre télécommande dimanche prochain à 21h.

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