J’ai rencontré Soraya Khireddine, fondatrice du magazine Influenth

Aujourd’hui j’ai rencontré la fondatrice du magazine Influenth, consultante, enseignante, journaliste, co-fondatrice de MinuteBuzz, ancienne manager des rédactions de MeltyGroup et Studio Bagel… Le tout à moins de 30 ans. (What Else ?)

Nous avons rendez-vous dans ses locaux, à deux pas de l’arc de triomphe. La symbolique est importante.

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Malgré son emploi du temps surchargé, Soraya prend la peine de m’accorder un peu de son temps.

Je patiente à côté de la table de réunion, dans une grande pièce à l’architecture haussmannienne. A l’heure dite, Soraya arrive tout sourire et m’invite plutôt à m’installer dans l’espace salon. Le ton est donné. Ça sera une discussion franche et spontanée.

Soraya commence par s’excuser d’être en jean et en baskets. Evidemment je suis également en jean et en baskets (oups). Disons que nous sommes sur la même longueur d’ondes.

Notre entretien débute sur des questions sur son parcours. Elle me le récite comme quelqu’un qui l’a répété déjà bien de trop fois. Je comprends que ce qui va guider cette rencontre sera plutôt sa vision, ses projets et ses réussites. En somme, le futur et non le passé. Elle a raison, son CV je peux tout aussi bien le trouver sur le web !

Soraya Khireddine - crédit : Marie Couraud

Le seul retour sur le passé que nous allons s’accorder est de revenir sur la genèse du webmagazine Influenth, dédié à l’actualité des influenceurs. Soraya m’explique que tout est allé très vite. En quatre mois un benchmark lui avait permis de confirmer qu’une telle offre n’existait pas sur le marché, malgré la demande, et les premiers articles étaient rédigés dans la foulée pour annoncer la mise en ligne en février 2016. Un timing qui donne le tournis ! Aujourd’hui trois rédacteurs travaillent à temps plein sur le magazine.

D’ailleurs à la vue du rythme élevé de publication du site (5 à 10 article par jour) l’équipe est encore vouée à se développer. Mais comment trouve-t-ils autant de sujets pour sans cesse satisfaire leur lectorat ?

Je lui demande son secret pour toujours être à la pointe de l’actualité des réseaux sociaux, qui évoluent pourtant chaque jour. Il y a forcément un outil de veille derrière tout ça, voir un algorithme (Melty m’entends-tu ?) ! La question est posée : « Quels outils utilisez-vous ? ». Elle commence par me répondre que tout le monde lui pose cette question (oups – deuxième fois), mais poursuit tout de même avec le sourire. « Non. Nous n’utilisons aucun outil ». C’est elle et son équipe qui s’occupent de la veille. Dans cette petite entreprise pas de bot, juste de l’humain et plusieurs comptes Instagram et Twitter pour suivre chaque catégorie d’influenceurs. 

En étant elle-même à l’affut de l’actualité, elle s’assure de croire à 100% aux collaborations qu’elle présente sur le site. C’est aussi l’occasion pour l’équipe de découvrir les futures stars du web, qui ne sont pas encore très médiatisées.

Mais ne vous laissez pas duper par le côté « fait maison », l’ambition est grande et l’histoire d’Influenth ne fait que débuter !

Alors que l’on voit sur les réseaux que certains influenceurs montent au créneau contre les publications de médias qui relaient leur actualité, Influenth ne reçoit que des louanges. Il faut dire que le magazine a pour vocation de ne parler que des belles collaborations et des initiatives positives. Ne vous attendez pas à y trouver le dernier potin sans fondement ou une critique acerbe sur un YouTuber. Les haters s’en chargent très bien tout seuls…

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Après quelques minutes je ressens que Soraya à derrière elle une longue journée de travail. J’enclenche alors le mode survie, pour la soulager un minimum, en lui expliquant pourquoi je trouve que son concept est tout particulièrement intéressant :

Influenth a la faculté de redonner ses lettres de noblesse aux influenceurs qui sont, avant tout, des créateurs de contenus. Une notion bien trop souvent oubliée au profit du nombre de followers. En parallèle des collaborations des stars du web, le webmagazine relaie les bonnes pratiques et innovations digitales. Un parti-pris particulièrement intéressant pour attirer également une cible professionnelle.

A y regarder de plus près, Influenth c’est un peu l’idée qu’on a tous eu un jour à la pause-café en voyant l’ampleur que prend les influenceurs. Mais comme pour beaucoup de bonnes idées, peu sont les personnes qui vont au bout, pour les concrétiser. Soraya fait partie de cet infime pourcentage. Son challenge 12 goals (12 buts à atteindre en 1 an) en était déjà la preuve.

12 goals

Nous reprenons nos échanges. Je me permets quelques petites déviations en lui parlant des objectifs des marques qui sollicitent de plus en plus les influenceurs. Elle me regarde avec intensité, avant de ponctuer chacune de mes interrogations par la description de sa vision : apporter du fond mais rester accessible !

C’est cette ligne éditoriale particulière qui fait d’Influenth le magazine leader sur l’actualité des influenceurs.

Aujourd’hui le site est en passe d’être entièrement monétisé. La croissance aurait donc pu s’arrêter là. Mais je sens que Soraya est bien loin d’avoir atteint tous ses objectifs. Un  teasing aperçu sur Twitter dans la matinée en est la preuve. J’en profite pour tenter d’en savoir plus…

Enthousiaste, Soraya me tend alors un exemplaire papier d’Influenth. Quand je prends le magazine je ressens de sa part une réelle émotion. Derrière cette réaction j’imagine l’ampleur de l’investissement. Ce numéro zero sera sans aucun doute le plus important de la série qui va suivre.

Une fois de plus, elle me bluffe en m’indiquant qu’en seulement un mois elle s’apprête à livrer 2000 numéros pour des chanceux minutieusement choisis. Je suis la première à l’avoir entre les mains et je n’en suis pas peu fière.

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Le magazine remet le sujet de la concurrence sur le tapis. Soraya m’explique qu’ils sont les seuls à défendre cet angle sur le marché. As you Like cible un public plutôt ado et féminin tandis que Stratégie, par exemple, parle du digital sous un spectre business. Entre les deux ? Un boulevard semble s’ouvrir pour Soraya.

Le chalenge est lancé ! En quelques semaines l’entrepreneuse réunit de nouvelles plumes pour le magazine et des influenceurs sont directement contactés comme OHPLAI « Le Petit Prince » de Snapchat mis en lumière par Influenth.

Les autres médias, qui pourraient largement s’inspirer de son initiative, elle n’en a pas peur. Elle indique même que pour elle la concurrence c’est stimulant !

influenth site

Mais Influenth est bien plus qu’un media. C’est une vitrine. Un peu comme un iceberg dont on voit le sommet briller. Le magazine est la porte d’entrée de sa petite agence. Influenth, c’est en fait le reflet du Curriculum Vitae du Soraya : du media, de l’e-RP et une multitude de facettes pour seule ambition de répondre aux attentes des lecteurs et valoriser le travail des influenceurs.

Car depuis 2013 Soraya a créé son job de rêve. Dans beaucoup d’interviews lus avant ce rendez-vous elle était présentée comme entrepreneur. Évidemment ce statut est véridique, mais en réalité Soraya se définit automatiquement comme « consultante ». La nuance est importante car ce terme renvoie au fait qu’elle mette avant tout son expertise au service des autres. Ça semble son moteur. Répondre aux besoins tant des lecteurs, amateur, étudiant ou professionnels, que des influenceurs en restant toujours bienveillante.

Malgré le lien étroit qu’elle entretient avec certain d’entre eux qui comptabilisent des millions de vues, elle n’est pas agent mais bien consultante. Ce statut lui permet d’être libre de travailler avec la personne qui correspond exactement aux attentes de chaque nouveau projet. Et sur ce plan, Soraya est encore seule aux manettes. Une situation qu’elle voit déjà évoluer dû au succès d’Influenth notamment.

Avec une grande transparence elle clôture l’entretien en évoquant ces futurs projets, son modèle économique qui évolue aussi vite que le nombre de visiteurs, ses relations (très bonnes) avec Facebook et Twitter.

A l’issu de la rencontre je suis impatiente de découvrir le format papier d’influenth. Tout au long de la rencontre je n’ai pas résisté à l’envie de le feuilleter de temps en temps. Le papier est beau, le grammage s’apparente plus à un livre (la future Bible des influenceurs ?) que d’un journal quotidien, les pages sont bien remplies. Pas de doute, on a affaire à un magazine d’actualité, bien loin des journaux peoples dédiés aux stars du web.

Je ne doute pas que le magazine trouvera sa place sur les bureaux des grandes agences media et digitales. Car le format papier reste très connecté. En plus d’avoir Romain Colin en Une, on y retrouve entre autre les comptes Twitter de tous les  auteurs et même une revue de tweets dénichés par Vincent Castello créateur du blog CM Hall of Fame :

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En quittant Soraya après trois quarts d’heure de discussions, j’ai envie de lui souhaiter bonne chance tant ses rêves sont grands. Mais à voir l’énergie et le travail déployé pour y arriver, la chance n’aura rien à voir dans sa réussite !

On conclura donc sur un « à bientôt »

La rencontre en chiffres :  

chiffres

 

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